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Burkina Faso : RSF demande la libération des journalistes Guezouma Sanogo et Boukari Ouoba

Les journalistes Guezouma Sanogo et Boukari Ouoba, respectivement président et vice-président de l’Association des journalistes du Burkina (AJB), ont été arrêtés et emmenés par des individus se présentant comme du service de renseignement vers une destination inconnue ce 24 mars. Cette arrestation s’est produite au Centre national de presse Norbert Zongo (CNP-NZ) à Ouagadougou. A travers un communiqué publié ce lundi, Reporters sans frontières (RSF) demande aux autorités burkinabè de les libérer immédiatement.

Cette arrestation intervient trois jours après leur réélection à la tête de l’AJB. Guézouma Sanogo avait profité du congrès extraordinaire de l’association pour dénoncer la “totale mainmise” du pouvoir burkinabè sur les médias publics, transformés, dit-il, en outils de propagande. L’AJB avait également dénoncé des atteintes à la liberté d’expression et à la liberté de la presse « jamais égalées » depuis l’arrivée au pouvoir du MPSR 2.

La réaction des autorités ne s’est pas faite attendre. Selon RSF, cette arrestation, trois jours après une déclaration publique de leur association sur la situation difficile de la liberté de la presse au Burkina Faso, s’inscrit dans le cadre d’une stratégie “visant à systématiquement faire taire toute voix critique dans le pays”. Et d’ajouter que le mode opératoire – une arrestation opérée par des individus se présentant comme des agents des services de renseignement – rappelle les “nombreuses autres arrestations et enlèvements orchestrés par les autorités militaires”. RSF estime en outre que “l’effort de guerre promu par le chef de la junte burkinabè Ibrahim Traoré est une nouvelle fois instrumentalisé pour réduire à néant le journalisme au Burkina Faso”.

Elle demande également aux autorités de “rendre public le lieu de détention de ces deux dirigeants de l’AJB et de les relâcher sans délai.”

Lors du congrès de l’AJB, Guezouma Sanogo avait également appelé à la libération de quatre journalistes et chroniqueurs réquisitionnés et portés disparus depuis le début de l’année 2024. En effet, le 24 octobre 2024, les autorités burkinabè avaient assumé, selon RSF, la réquisition de Serge Oulon, directeur de publication du journal L’Événement, Adama Bayala et Kalifara Séré, chroniqueurs sur la télévision privée BF1. En revanche, elles refusent toujours de s’exprimer, dit-elle, sur le sort d’Alain Traoré, dit Alain Alain, chroniqueur du groupe de presse Omega Media. Guezouma Sanogo avait également mentionné les cas de disparition de Bienvenu Apiou, James Yazid Dembélé et Mamadou Ali Compaoré.

Selon RSF, le paysage médiatique burkinabè s’est réduit comme peau de chagrin depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement de transition où une quinzaine de médias, étrangers et locaux, ont été suspendus depuis décembre 2022.

Reporters sans frontières rappelle que le Burkina Faso occupe la 86e place sur 180 pays au classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2024.

Christine Sawadogo 

Lire aussi | Association des journalistes du Burkina : Le président et le vice-président interpellés ce lundi à Ouagadougou

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