
Il était devant les juges, hier matin, au Tribunal de Grande instance de Bobo-Dioulasso. B.S (nom d’emprunt) est poursuivi pour “attentat à la pudeur sur une mineure” de 12 ans. Devant le tribunal, le quinquagénaire a reconnu les faits. Il a été condamné à une peine d’emprisonnement de 12 mois et une amende financière d’un million de francs CFA. Le tout assorti de sursis.
Les faits se sont déroulés le 18 décembre 2024 au secteur 26 de la ville de Bobo-Dioulasso. Précisément au domicile du prévenu. Selon le tribunal, B.S, maître coranique, est poursuivi pour avoir introduit ses doigts dans la partie génitale d’une fillette de 12 ans. Ce jour-là, au environ de 11 h, la victime, L.Y, après ses cours à l’école, s’est rendue chez B.S en compagnie de deux de ses amies, explique le président du tribunal. Là, SB aurait commencé à leur faire des attouchements. Ce qui a poussé les deux autres à partir. Mais L.Y, elle, aurait décidé d’y rester. Ses amies, après avoir quitté la demeure de B.S, se sont rendues dans un commissariat et ont expliqué les faits.
Deux policiers se déploient alors sur les lieux pour vérification. A leur arrivée, S.B se présente à eux à moitié nu. Aux premières interrogations de la police, il affirme qu’il était seul dans la maison. Pas convaincus, les agents de police décident de vérifier. Ils découvrent alors L.Y dans le lit de B.S en train de manipuler le téléphone de ce dernier. BS a ainsi été arrêté.
Devant le tribunal, le prévenu reconnaît les faits. Il tentera néanmoins de donner des explications. “Elle était dans ma chambre et de surcroît dans mon lit. Alors qu’elle n’est ni ma fille, ni ma femme”, reconnait-il. Le tribunal lui demande alors s’il était conscient qu’il s’agissait d’une mineure. Et B.S de répondre par l’affirmative. Et il ajoute ceci : “J’avais deux femmes auparavant. Mais elles sont décédées depuis les années 2000. Depuis lors, je vis sans femme”.
Le parquet estime qu’il s’agit bel et bien d’un acte sexuel impliquant une mineure. Et il cite l’article 532-2 du Code pénal : “Constitue un attentat à la pudeur tout acte de nature sexuelle contraire aux bonnes mœurs exercé directement et intentionnellement sur un mineur ou avec violence, contrainte ou surprise sur un adulte”. Pour cela, il a requis une peine d’emprisonnement de 12 mois et une amende de 500 000 francs. Le tout assorti de sursis. Cependant, le ministère public a demandé au tribunal de tenir compte de certains aspects psychologiques et sociaux du prévenu lors de sa prise de décision.
Le tribunal, après concertation, a déclaré B.S coupable des faits d’attentat à la pudeur sur une mineure. Il l’a donc condamné à une peine d’emprisonnement de 12 mois et à une amende d’un million de francs CFA, le tout assorti de sursis.
Salomon TAPSOBA (Correspondant à Bobo-Dioulasso)