
La Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) s’adresse aux internautes burkinabè : “Depuis quelque temps, la BCLCC, à travers son service de veille technologique et d’assistance technique, a constaté une vaste campagne de désinformation”. Cette campagne, selon la police de l’Internet, vise “à manipuler l’opinion publique burkinabè”. Dans un communiqué publié ce 2 avril, elle invite les internautes à “adopter des comportements cyber prudents”.
Selon la BCLCC, des individus malintentionnés exploitent des outils de sources ouvertes pour créer et diffuser de faux contenus. Imitant des publications provenant de profils ou de pages officielles, qu’il s’agisse de personnes physiques ou morales. Ainsi, ces individus collectent des informations sur les profils ou pages ciblés. Et, à partir de ces données, génèrent des publications en utilisant le nom et la photo de profil ou le logo de la page concernée. “Le contenu de ces posts est rédigé selon des objectifs malveillants”, alerte la BCLCC. En outre, poursuit-elle, ces outils permettent de simuler un grand nombre de « likes », de commentaires et de partages. Donnant ainsi l’apparence d’un post authentique.
Ces faux contenus sont ensuite téléchargés et largement diffusés via des groupes WhatsApp et des profils et pages Facebook, souvent via des avatars créés à cet effet.
Vers un déclin des preuves via les captures d’écrans
Pendant longtemps, les captures d’écran étaient présentées comme des preuves irréfutables. Elles étaient ainsi utilisées comme des VAR (arbitrage vidéo) surtout lorsque l’auteur d’une déclaration donnée change de posture ou lorsque l’auteur d’une publication supprime par la suite son post.
Mais un phénomène nouveau s’est présenté ces derniers jours : le montage d’informations fausses à partir des captures de pages officielles, parfois avec le badge bleu.
On se dirige donc vers la fin de la toute puissance de la VAR sur les réseaux sociaux via les captures. Puisqu’il est désormais possible de prendre des captures d’une page pour ensuite monter des intox et les attribuer à cette source, via des modules d’intelligence artificielle. Ces derniers jours, la page de l’État-Major Général des Armées du Burkina, celle de l’Agence d’information du Burkina (AIB) ont subi ce phénomène. Celle de la Radiotélévision du Burkina (RTB) n’a pas non plus été épargnée. De même que Jeune Afrique et France 24 pour ne citer que ceux-là. À titre d’exemple, les pages de la RTB, France 24 et Jeune Afrique ont été utilisées pour annoncer une fausse information relative à un décès supposé du Chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara.
C’est dans ce contexte que s’inscrit cette alerte de la BCLCC. Qui invite les internautes à adopter des “comportements cyber prudents”. En se référant systématiquement aux pages officielles des institutions ou personnalités concernées afin de vérifier la véracité des publications.
La BCLCC invite également les internautes à “eviter de relayer ces posts pour limiter leur propagation”.
Autre recommandation : signaler immédiatement tout contenu suspect à la plateforme concernée ou via la plateforme de signalement Alerte BCLCC. Elle est accessible en ligne via alerte.bclcc.gov.bf, ou en version mobile sur le Play Store, AppGallery de Huawei et l’Apple Store.
“La BCLCC reste fermement engagée dans la lutte contre la désinformation sous toutes ses formes et appelle les internautes à faire preuve de vigilance face à ces contenus trompeurs”, conclut-elle.