
Le mouvement politique Servir et non se servir (SENS) traverse une période trouble. Quatre jours après l’interpellation de Idrissa Barry, Secrétaire national à l’orientation politique, cette organisation a annoncé, ce 22 mars, “l’enlèvement de 4 autres de ses membres”. Le mouvement SENS dont le coordonnateur national, Me Guy Hervé Kam, a été arrêté en janvier 2024, “dénonce fermement cette nouvelle vague de répression”.
“Nous tenons à informer l’opinion nationale et internationale que depuis le 18 mars 2025, une vague d’enlèvements frappe la direction ainsi que les militants de notre mouvement”, déclare le SENS.
Selon lui, le journaliste Idrissa Barry, membre de la coordination nationale, a été “enlevé” le 18 mars dernier. Il se trouvait alors dans le bureau du Président de la délégation spéciale de Saaba. “Le samedi 22 mars, quatre autres membres de la coordination nationale dont deux mères de famille, ont été enlevés et emmenés vers une destination inconnue”, déplore le mouvement. Sans préciser l’identité des personnes concernées.
“Leur seul tort est d’appartenir au Mouvement SENS et d’en partager les valeurs. Ces actes violents et brutaux visent d’abord à briser notre détermination puis à museler notre voix et enfin à installer la peur et le renoncement dans toute la société. De tels actes ne sont pas dignes du Burkina de paix et de progrès que les Burkinabè espèrent voir émerger”, martèle ce mouvement. Qui dénonce “fermement” cette nouvelle vague de répression politique. Et appelle le gouvernement à plutôt empêcher les tueries d’innocentes populations au lieu de s’en prendre à ceux qui les dénoncent”.
Le SENS lance également un appel aux Forces de défense et de sécurité : “Nous appelons les forces qui s’illustrent dans de tels enlèvement à faire preuve d’honneur à la hauteur des valeurs de notre peuple”. L’appel du SENS s’adresse également à la communauté internationale.
“Nous appelons la communauté internationale, les organisations de défense des droits humains et toutes les personnalités de bonnes volontés à interpeller, de manière forte, le régime du MPSR2 sur le respect de la légalité et la dignité des citoyens”. Appel aussi aux populations : “Nous en appelons enfin au peuple résilient du Burkina Faso afin qu’il se mobilise davantage pour faire barrage à la dérive dictatoriale du MPSR2”.
Le Mouvement SENS dit demeurer “engagé à contribuer à la prospérité économique, politique, culturelle et sociétale du Burkina Faso et de l’Afrique”.
Pour l’instant, les raisons de ces interpellations ne sont pas connues. Mais elles semblent liées aux dernières sorties médiatiques de cette organisation, en lien avec la situation nationale.
Le mouvement avait dénoncé, le 14 mars dernier, le “silence du gouvernement” concernant une affaire de “tueries en masse” à propos de laquelle des éléments dles Forces de défense et de sécurité ainsi que des Volontaires pour la défense de la patrie avaient été pointés du doigt par des internautes. “Il est bien vrai que nous sommes en guerre mais la guerre est encadrée par des lois. Aussi, la lutte contre le terrorisme n’autorise pas tout”, avait-il martelé.
Ce mouvement avait alors exhorté le Chef de l’Etat et son gouvernement à “recadrer la stratégie de lutte contre les groupes armés terroristes. Et à prendre les mesures idoines et diligentes pour mener une enquête indépendante sur les “massacres” de Solenzo afin que les auteurs répondent de leurs actes devant la loi”.
Cette déclaration n’a pas trouvé bon écho chez les soutiens affichés du Capitaine Ibrahim Traoré. Certains n’ont pas hésité à lancer des appels pour que ses auteurs soient traqués.
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