
Les nouvelles sont bonnes pour les producteurs de cacao en Côte d’Ivoire. Le prix d’achat bord champ des fèves pour la saison intermédiaire 2024-2025 est fixé à 2 200 FCFA le kg. L’annonce a été faite ce 2 avril par le ministre ivoirien en charge de l’agriculture, Kobenan Kouassi Adjoumani. Un niveau historique pour le pays à quelque six mois de la prochaine élection présidentielle.
Le prix du kilogramme de cacao pour la saison intermédiaire 2024-2025 est fixé à 2 200 FCFA. Contre 1 800 FCFA pour la campagne principale qui s’est achevée le 31 mars, soit une hausse de 400 FCFA.

“Les paysans récoltent ainsi les dividendes de l’envolée des cours mondiaux amorcée depuis la précédente campagne 2023/2024 et qui se maintiennent encore à des niveaux élevés”, commente Sika Finance, un média ivoirien spécialisé dans l’information économique. La production devrait se maintenir, selon les autorités, en deçà de deux millions de tonnes, à peu près le même niveau que la dernière campagne où elle était estimée à environ 1,8 million de tonnes.
Selon des sources citées par Reuters fin janvier, la production durant cette petite campagne, qui s’étend d’avril à septembre 2025, devrait atteindre environ 300 000 tonnes contre une moyenne de 500 000 tonnes ces dernières années. Cette baisse est la conséquence du dérèglement climatique et du vieillissement des plantations. Mais également de la persistance du Swollen Shoot, une maladie qui attaque les vergers, et dont les effets se font ressentir sur le marché international.

Avec une production estimée à 1,8 million de tonnes, la Côte d’Ivoire, aux côtés du Ghana, maintient son influence sur 60 % du marché mondial.
La filière cacao constitue un secteur important dans l’économie ivoirienne. Le cacao ivoirien représente 45 % de la production mondiale et compte pour 14 % dans le PIB du pays.

La hausse du prix de ce produit pourrait aussi permettre de lutter contre la contrebande. En effet, le cacao ivoirien est parfois transporté illégalement vers certains pays voisins, notamment le Liberia et la Guinée (Conakry) où il serait vendu plus cher.
Au dernier trimestre 2024, 50 à 75 000 tonnes seraient ainsi sorties illégalement du pays pour être revendus nettement plus cher en Guinée ou au Liberia, selon des sources médiatiques.
En janvier dernier, le gouvernement ivoirien avait dénoncé “une fuite des ressources” du pays. Affirmant qu’une enquête était en cours suite à la découverte d’un vaste réseau de trafic frauduleux de cacao. “Les enquêtes se poursuivent pour débusquer et punir tous ceux qui sont de près ou de loin mêlés à ce trafic. Il s’agit de protéger notre territoire et ses ressources. Il est inadmissible que des citoyens soient complices de la fuite des devises”, avait martelé le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly.
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