
La Confédération des États du Sahel (AES) a annoncé, ce 18 mars, son retrait de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Elle accuse cette organisation de n’avoir pas su accompagner le Mali, le Burkina et le Niger dans la réalisation de “leurs aspirations souveraines et démocratiques” dans le cadre des transitions politiques en cours. Ces trois pays avaient été suspendus par l’OIF suite aux changements constitutionnels intervenus entre 2020 et 2023. La Guinée (Conakry) qui était également suspendu a réintégré l’organisation en 2024. Ce retrait, selon les textes de l’OIF, devrait prendre effet dans six mois. A travers son communiqué, l’AES rappelle sa contribution au sein de cette organisation intergouvernementale regroupant des pays ayant en commun, l’usage de la langue française ou un lien avec la langue française ou des valeurs francophones. Nous vous proposons l’intégralité du communiqué.
“Le Burkina Faso, la République du Mali et la République du Niger, attachés aux idéaux de rapprochement des peuples à travers la coopération multilatérale, ont joué un rôle actif en tant que membres fondateurs du Sommet de Niamey. Ce sommet a conduit, le 20 mars 1970, à la création de l’Agence de Coopération culturelle et technique (ACCT), devenue l’Agence Intergouvernementale de la Francophonie (AIF) en 1998, puis l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) en 2005.
Au cours des 55 années d’existence de la Francophonie, ces trois États, aujourd’hui regroupés sous la Confédération des États du Sahel (AES), ont largement contribué à son développement et à son renforcement.
Cependant, dans le cadre des transitions politiques en cours au Mali, au Burkina Faso et au Niger, l’OIF n’a pas su accompagner ces pays dans la réalisation de leurs aspirations souveraines et démocratiques. En conséquence, les chefs d’État des pays membres de la Confédération AES, après une analyse approfondie et conformément aux principes de souveraineté nationale, ont décidé de retirer leur organisation de l’Organisation Internationale de la Francophonie.
Cette décision a été prise par Le Capitaine Ibrahim Traoré, Le Général d’Armée Assimi Goïta et Le Général de Brigade Abdourahamane Tiani, dans le respect des intérêts légitimes de leurs nations.
La notification officielle de ce retrait a été transmise aux instances compétentes, en application de l’article 10 de la Charte de l’OIF.
Fait à Ouagadougou, Bamako et Niamey, le 18 mars 2025”.
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